Guide vendeur · Comprendre l’occupation

Bail, impayés ou squat : qualifier le dossier avant de vendre

Pour présenter un bien occupé, racontez d’abord comment l’occupation a commencé et ce qui s’est passé depuis. Une dette, un contrat introuvable et une intrusion ne décrivent pas la même situation.

Immeuble en pierre à l’angle des rues La Boétie et de Miromesnil, à Paris.
Paris, rues La Boétie et de Miromesnil — janvier 2019.Photo : Celette · CC BY-SA 4.0Redimensionnée et compressée en WebP.

Séparer quatre questions avant de choisir un mot

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« Le logement est occupé » décrit sa présence humaine. Pour aller plus loin, il faut savoir qui a donné l’accès, dans quel cadre, si ce cadre subsiste et ce qui est contesté. Commencez une chronologie courte avec les dates certaines : remise des clés, premier paiement retrouvé, courrier reçu, décision éventuelle. Pour une date inconnue, indiquez « non établie » plutôt que de la déduire d’une facture.

Une personne entrée comme locataire ne devient pas squatteuse du seul fait qu’elle ne paie plus. Service Public distingue aussi le maintien après un bail d’habitation, après un hébergement et après une sous-location non autorisée des situations de squat. Le mode d’entrée et l’histoire des droits sont essentiels.

Source : [1]

Grille d’orientation : faits à recueillir, sans qualification automatique
QuestionPièces utilesConclusion à éviter
Comment la personne est-elle entrée ?Remise de clés, contrat, autorisation, constat datéL’absence de paiement prouve une intrusion
Quel titre est invoqué ?Bail, avenant, convention, échanges, décisionsAucun exemplaire retrouvé signifie aucun droit
Quelles sommes sont concernées ?Compte détaillé, reçus, décisions sur les montantsToute absence de virement est une dette certaine
Qu’est-ce qui a été décidé ?Acte complet, notification, décision, recours signaléUne demande suffit à rendre le départ acquis

Un bail introuvable laisse une question à examiner

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Pour les locations relevant de la loi du 6 juillet 1989, le bail doit être écrit. Le Code civil connaît néanmoins la location verbale, et l’article 3 permet d’exiger un contrat conforme. L’absence d’écrit dans votre dossier ne permet donc pas de conclure seul à une absence de relation locative : faites examiner les paiements, échanges et circonstances.

Sources : [2] · [3]

Distinguez l’absence d’un document chez le vendeur et l’affirmation qu’aucun document n’existe. Demandez au gestionnaire, au notaire ou à l’ancien propriétaire, lorsque cela est approprié, les copies qu’ils détiennent. Une attestation orale rapportée par un voisin reste une information à recouper ; elle ne remplace pas un contrat ou une décision.

L’autorisation peut aussi avoir un autre objet qu’une location : hébergement, prêt, convention temporaire ou accès pour travaux. Présentez l’accord tel qu’il est documenté, sans le rebaptiser pour faciliter la vente. Les locaux professionnels, les occupations familiales et les conventions particulières nécessitent une lecture adaptée à leurs faits.

Une question de paiement se lit avec le contrat et les décisions

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Un compte débiteur ne dit pas à lui seul si le bail a pris fin. Service Public décrit des issues différentes selon les décisions et les échéanciers : un bail peut subsister, ses effets résolutoires être suspendus ou sa résiliation être prononcée. Relevez ce que le document décide réellement et faites confirmer son état actuel.

Source : [4]

Avant d’annoncer un montant d’impayés, demandez la période, les appels, les règlements et les montants contestés. Une somme reçue par un gestionnaire mais pas encore reversée, un paiement d’aide ou une décision sur le loyer peuvent expliquer un écart. Le compte doit être rapproché ; aucune situation personnelle supposée de l’occupant ne remplace ce travail.

Si une décision a résilié le bail, il faut ensuite distinguer les périodes de loyers et celles auxquelles une indemnité d’occupation s’applique, selon les actes. La présence de l’ancien locataire après résiliation ne transforme pas rétrospectivement son entrée en intrusion.

Source : [4]

Le mot squat exige des faits précis et un champ juridique vérifié

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La fiche actuelle de Service Public décrit l’entrée dans un lieu d’habitation par effraction, tromperie, menace ou violence pour l’occuper sans autorisation. Elle traite aussi un cas particulier de maintien après une location en meublé de tourisme. Il serait donc trop large d’écrire que toute entrée initialement autorisée exclut toujours le squat. Le contrat, l’usage réel et les faits demandent à être examinés.

Source : [1]

Conservez séparément ce que vous avez vu, ce qu’un tiers vous a rapporté et ce qu’un acte constate. « Porte endommagée constatée le… » ne prouve pas, à elle seule, quand ni par qui l’entrée a eu lieu. Un constat, un dépôt de plainte ou une correspondance administrative doit être remis dans son intégralité au professionnel qui examine la situation.

N’essayez pas de fabriquer une preuve en entrant de force pour constater l’occupation. Service Public rappelle qu’on ne peut pas forcer soi-même les occupants concernés à quitter les lieux. Pour le projet de vente, exposez les accès possibles et laissez les professionnels compétents définir les démarches appropriées.

Source : [1]

Trois cas fictifs où une étiquette ferait perdre de l’information

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Premier cas fictif : des virements mensuels existent, mais le vendeur n’a pas retrouvé le bail reçu lors d’un héritage. Le bon résumé est « occupation avec paiements réguliers, contrat recherché ». Il faut examiner l’origine de l’occupation ; la case « squat » fermerait prématurément une question encore ouverte.

Deuxième cas fictif : le bail est disponible et plusieurs échéances ne sont pas réglées ; une audience est annoncée. Le résumé distingue la dette présentée, sa contestation éventuelle et l’étape judiciaire. Il ne dit ni « départ certain après l’audience » ni « bail déjà résilié » sans la pièce qui le confirme.

Troisième cas fictif : un propriétaire découvre une présence après plusieurs mois d’absence, tandis que l’occupant affirme avoir reçu les clés d’un intermédiaire. Les versions doivent figurer séparément. Le propriétaire apporte ses titres et ses faits ; le professionnel examine l’autorisation invoquée, les actes et la qualification. Aucun nom public ni accusation personnelle n’est nécessaire pour commencer cet examen.

Orienter la préparation de vente sans promettre la libération

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Avec un bail courant documenté, la préparation commerciale porte sur le contrat et l’occupation. Avec un impayé, ajoutez le compte individuel et les actes suivis. Avec une occupation contestée, organisez les pièces de propriété, de faits et de procédure. Plusieurs situations peuvent coexister dans un immeuble : appliquez la grille local par local.

Le notaire examine les droits à présenter et les conditions des actes ; l’avocat ou le professionnel chargé du contentieux lit les décisions et démarches ; l’agence prépare la présentation commerciale dans la mission convenue. Une synthèse commune permet de repérer les divergences avant d’annoncer un prix ou un calendrier.

Pour un premier échange avec LFM, décrivez la commune, le type de bien, le cadre d’entrée connu et les pièces dont vous disposez. Limitez les données personnelles au nécessaire : la CNIL rappelle les principes de finalité et de minimisation. Les noms, coordonnées et documents privés des occupants se transmettent dans un cadre adapté, pas dans une annonce ou un résumé public.

Source : [5]

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Références et méthode

Sources et repères.

Sources consultées le . Les règles et dispositifs se vérifient selon le bien, son adresse et la date de l’opération.

  1. Squat : situations distinguées par Service Public

    Service Public / DILA · Consulté le 15 octobre 2026

    Un maintien après un bail d’habitation ou un hébergement ne se confond pas avec une intrusion ; un cas particulier concerne le meublé de tourisme.

  2. Loi du 6 juillet 1989, article 3 : contenu du contrat

    Légifrance · Consulté le 15 octobre 2026

    Dates, désignation, loyer et dépôt doivent être rapprochés du contrat et de ses modifications.

  3. Code civil, article 1714

    Légifrance · Consulté le 15 octobre 2026

    L’absence d’un exemplaire signé ne suffit pas à conclure à une intrusion.

  4. Loyers impayés : situation du bail et décisions

    Service Public / DILA · Consulté le 15 octobre 2026

    La demande de résiliation, la décision rendue et son exécution sont des états distincts.

  5. CNIL : les principes de l’article 5 du RGPD

    CNIL · Consulté le 15 octobre 2026

    Limiter les données au besoin de chaque destinataire ; une synthèse de vente n’autorise pas une diffusion générale des pièces.

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